Notre article poursuit l’analyse amorcée dans la première partie, en se concentrant cette fois sur les projections épidémiologiques et les solutions concrètes d’anticipation pour répondre aux besoins visuels futurs. En tant qu’opticien, nous sommes en première ligne pour observer l’évolution des troubles visuels et proposer des réponses adaptées aux enjeux de demain.
La myopie connaît une progression spectaculaire. En 2000, 1,4 milliard de personnes étaient concernées, soit 22,9 % de la population mondiale. En 2050, ce chiffre pourrait atteindre 4,8 milliards, soit 49,8 % de la population mondiale. Plus préoccupant encore, la forte myopie (au-delà de -6 dioptries) pourrait toucher près d’un milliard de personnes, avec un risque accru de complications graves comme la dégénérescence maculaire, le décollement de rétine ou le glaucome.
Les pays asiatiques sont les plus touchés, mais l’Europe et l’Amérique du Nord enregistrent également une augmentation rapide. En France, nous observons déjà cette évolution au quotidien dans notre boutique d’optique. De plus en plus d’enfants, d’adolescents et de jeunes adultes présentent des signes de myopie précoce, souvent liés à une surexposition aux écrans et à un manque d’activités extérieures.
En tant qu’opticien indépendant, nous jouons un rôle clé dans l’accompagnement, l’éducation et l’équipement des patients face aux défis visuels de demain.
L’intérêt des données épidémiologiques ne réside pas uniquement dans l’observation. Elles permettent également de modéliser les besoins visuels futurs, de cibler les populations à risque et d’adapter les politiques de prévention. L’Institut Brien Holden, par exemple, a analysé plus de 145 études pour établir ces projections mondiales sur la myopie.
Chez Tap à l’Œil, nous utilisons ces données pour orienter nos choix d’équipements, renforcer notre accompagnement pédagogique et conseiller les familles sur les bonnes pratiques. Mieux comprendre les projections, c’est mieux préparer l’avenir de la vision.
L’un des apports majeurs de l’épidémiologie des troubles visuels ne réside pas uniquement dans l’analyse de la situation actuelle, mais dans sa capacité à projeter l’évolution des besoins en santé visuelle à moyen et long terme. Les études épidémiologiques internationales montrent clairement que les troubles de la vision ne vont pas se stabiliser, mais au contraire s’intensifier sous l’effet combiné du vieillissement de la population et de l’évolution des modes de vie.
Les projections concernant la myopie illustrent particulièrement cette tendance. Alors qu’environ 22,9 % de la population mondiale était myope en 2000, les chercheurs estiment que près de 50 % de la population mondiale pourrait être concernée d’ici 2050, soit près de 4,8 milliards de personnes. La forte myopie, associée à un risque accru de complications graves comme le décollement de rétine, le glaucome ou la maculopathie myopique, devrait quant à elle concerner près de 10 % de la population mondiale à l’horizon 2050 .
Ces évolutions ont des conséquences directes sur l’organisation des systèmes de santé. L’augmentation du nombre de patients nécessitant un suivi régulier, des équipements optiques spécifiques ou des stratégies de “freinage” myopique implique une adaptation des parcours de soins et des ressources humaines. D’un point de vue économique, le coût mondial lié à la myopie et à ses complications est déjà estimé à plus de 269 milliards de dollars, un chiffre appelé à croître fortement si aucune stratégie préventive n’est renforcée .
Pour les professionnels de la vision, ces données prospectives constituent un véritable outil d’aide à la décision. Elles permettent d’anticiper les besoins en technologies de correction, d’adapter les pratiques de dépistage dès le plus jeune âge et de sensibiliser les patients à l’importance d’un suivi précoce. L’épidémiologie devient ainsi un levier central pour passer d’une logique curative à une approche préventive et durable de la santé visuelle.
Nous avons un rôle clé dans la stratégie de prévention visuelle. Grâce aux données épidémiologiques, nous pouvons anticiper les besoins, adapter nos offres et accompagner nos clients dans une démarche proactive.
Parmi les solutions innovantes aujourd’hui accessibles, les verres freinateurs représentent une avancée majeure. Les verres à défocalisation périphérique, comme les verres MyoSmart (technologie DIMS) ou les verres Stellest (technologie H.A.L.T.), permettent de freiner efficacement la progression de la myopie chez les enfants. Leur efficacité peut atteindre 60 % dans certains cas, selon les études cliniques.
Les lentilles journalières, telles que MiSight ou Bloom Day, ou encore l’orthokératologie (lentilles rigides portées la nuit pour remodeler la cornée) sont également des options efficaces. L’orthokératologie, par exemple, permet un ralentissement significatif de la progression de la myopie tout en offrant une vision nette sans correction pendant la journée.
Enfin, l’atropine à faible dose (0,01 à 0,05 %) est parfois prescrite sous surveillance médicale pour freiner l’évolution de la myopie.
Une prévention qui commence tôt : recommandations concrètes
L’un des enseignements majeurs des données épidémiologiques est la nécessité d’agir tôt. Les études montrent que la myopie apparaît souvent entre 5 et 12 ans. Une intervention précoce est donc essentielle pour limiter sa progression.
Nous conseillons à nos clients d’encourager leurs enfants à passer au moins deux heures par jour à l’extérieur, de faire des pauses visuelles toutes les 20 minutes lors du travail sur écran (règle des 20-20-20) et de maintenir une distance suffisante avec les supports de lecture.
Il est également crucial de veiller à un bon sommeil et à une alimentation équilibrée, notamment riche en vitamine D, qui pourrait jouer un rôle protecteur.
Le dépistage précoce est fondamental. Il permet d’identifier les signes de fatigue visuelle, les besoins en correction et d’orienter vers des solutions adaptées. Chez Tap à l’Œil, nous proposons des bilans visuels dès les premiers signes d’inconfort, notamment chez les enfants scolarisés.
L’opticien de proximité : un acteur clé de la vision durable
En tant qu’opticien indépendant, mon rôle dépasse la simple fourniture de lunettes. Nous sommes un interlocuteur de confiance, capable de suivre l’évolution visuelle de nos clients sur le long terme.
Nous assurons un accompagnement personnalisé à chaque étape : choix de la monture, type de verre, ajustements, contrôle du centrage, conseils d’hygiène visuelle. Notre expertise repose sur une prise de mesure rigoureuse (écart pupillaire, hauteur de centrage), un matériel adapté à la morphologie des enfants et un suivi régulier.
Elle est liée à une combinaison de facteurs : usage accru des écrans, faible exposition à la lumière naturelle, pression scolaire, activités en vision de près. Les modes de vie modernes favorisent cette progression.
Les verres MyoSmart et Stellest utilisent des technologies différentes (DIMS vs H.A.L.T.) mais visent le même objectif : freiner la progression de la myopie, par une défocalisation périphérique contrôlée.
Dès 4-5 ans, il est pertinent de réaliser un premier dépistage, surtout en cas d’antécédents familiaux de myopie. Un suivi tous les 2 ans est recommandé en cas de signes de fatigue visuelle ou de besoin en correction.
Un besoin spécifique ou une demande en lunetterie, avec ou sans rendez-vous.
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